L’implication des membres de l’administration et des forces de défense et de sécurité (FDS) dans des réseaux de « dahalo », est mise à l’index. Le Premier ministre, NTSAY Christian, affirme que ces réseaux seront « rapidement », démantelés.
Christian Ntsay, Premier ministre, reprend sa croisade contre l’insécurité pour prêcher l’exemplarité de l’administration publique. Avec le démantèlement des réseaux de « dahalo en col blanc », dans sa ligne de mire, le chef du gouvernement, durant ses deux derniers jours, s’est rendu dans les zones troubles de la région Matsiatra Ambony et Atsimo Andrefana.

« L’État a décidé d’appliquer une nouvelle méthodologie de travail. Nous nous rendons là où il y a des problèmes », a déclaré le locataire de Mahazoarivo face aux habitants d’Antanimeva, dans le district de Morombe, mercredi. Avec les ministres de la Défense nationale, de la Justice, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et le secrétaire d’État en charge de la gendarmerie nationale dans sa délégation, le chef du gouvernement s’est, également, rendu à Ikalamavony, après un détour par Toliara.

Le Premier ministre y a annoncé le nouvel objectif de la lutte contre l’insécurité, celui de démanteler les réseaux de complices des « dahalo ». « (…) Le vol de bovidé est l’une des facettes les plus violentes de l’insécurité, depuis plusieurs années. Nous sommes convaincus que la raison pour laquelle nous ne parvenons toujours pas y mettre fin c’est qu’il y a des complices. (…) si les bandits continuent à gambader c’est qu’ils ont des complices au sein des responsables territoriaux, des représentants de l’État, des forces de l’ordre et de la justice », lance-t-il, à Antanimeva.

Dans la foulée, le chef du gouvernement ajoute, «nous allons identifer qui sont les membres de ces réseaux, qui sont les complices des dahalo, et quel que soit le statut, ou leur grade, ils seront punis suivant la loi. Nous ne sommes pas venus ici pour nous amuser, mais pour assainir et c’est ce que nous allons faire ». Même topo durant le passage de la délégation gouvernementale à Ikalamavony, hier.

À Ikalamavony, le locataire de Mahazoarivo a, notamment, épinglé les responsables territoriaux qui multiplient par deux ou par trois le prix des fiches individuelles de bovidé, qui coûtent 25 000 ariary, selon les textes. Plus de synergies a été requises des trois entités au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS).

La désarticulation dans les actions et même les intérêts de ces trois forces plombe souvent la lutte contre l’insécurité. Une fois de plus, Christian Ntsay, dans ses tournées a exigé la droiture, la probité et l’exemplarité de l’administration.

« Il ne doit pas y avoir d’exception. Tout non respect de la loi doit être sanctionné », a-t-il soutenu, à Toliara.

Avant sa démission, en juillet, Christian Ntsay a déjà admonesté pareil serment aux
responsables étatiques, administratifs, judiciaires et sécuritaires dans la Nord-Ouest et le Sud-Est du pays.

La police nationale en a, aussi, pris pour son grade, la semaine dernière, ainsi que les responsables du ministère des Finances, quelques jours auparavant.Imposer un changement rapide dans la façon de faire des responsables et des agents étatiques, rétablir promptement la sécurité et rétablir la confiance du public envers la population sont les leitmotivs qu’il martèle.

Pour atteindre ses objectifs, le chef du gouvernement semble avoir choisi de mettre le pied dans le plat, à chaque occasion en prenant à témoin les ministres concernés. À l’instar de la lutte contre les « dahalo », cependant, les réformes se heurtent systématiquement à des résistances bétonnées et protégées par le corporatisme qui règnent au sein de l’administration. Est-ce par manque d’audace, par
complaisance ou à cause d’une conjoncture défavorable, mais ses prédécesseurs ne sont pas parvenus à briser l’ordre établi.

Rares sont les « ripoux », inquiétés, notamment, au sein des autorités civiles. L’absence de sanction a renforcé les réseaux de « dahalo en col blanc ». Les paroles n’ont pas su à faire rentrer dans les rangs les brebis galeuses. Charge à Christian Ntsay de
traduire ses discours en acte et de faire preuve de leadership pour fédérer l’ensemble de
l’administration à ses directives. Sans quoi il ne s’agira que d’un nouveau coup d’épée dans l’eau

Gary RANAIVOSON